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23/01/2014

Down

J'ai longtemps hésité à rédiger cette note, d'ailleurs quand je l'écris là tout de suite, je ne suis même pas encore sûre de la publier. je m'excuse par avance auprès de toutes celles et ceux qui considéreront ce billet égoîste et foutage de gueule. J'extériorise dans ce billet tout ce que je n'arrive pas à dire à l'oral, justement par peur qu'on me dise "nan mais ta gueule meuf, tu dis de la merde". Je réalise que ce que j'extériorise là n'est franchement pas important. Probablement juste une passade. C'est pour ça d'ailleurs que j'ai pas envie de soûler les gens avec et que je n'en parle pas. Mais à force d'intérioriser ça pourrit cette merde. Donc voilà, tel un gros rot que t'as en travers, je le sors. Better out than in, comme dirait l'autre.

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Usuellement un blog reste général. Jusque là vous racontais mes péripéties de derby, et vous inquiétez pas je vais pas me mettre à vous raconter ma vie privée. Mais jusqu'à présent j'étais plutôt restée dans le derby love. Je passe dans le derby doute. Ca va bientôt faire un an que je fais du derby (le 1er février, en gros.) Le début était ultra magique : grosse nouveauté dans ma vie, je me sentais invincible, c'était ZE sport que j'avais un peu attendu toute ma vie. Trop putain de Bad-Ass, trop putain de Rock'N'Roll. J'étais à fond, l' "esprit derby" m'a prise dès le début, et m'a d'ailleurs amenée à re-blogguer, chose que je n'avais pas fait depuis plusieurs années. Licornes, arc-en-ciel, tout ça tout ça.

J'ai commencé timidement, puis j'ai découvert le derby love avec mes coéquipières. Grosse claque, en bien. L'addiction était là, je pouvais plus lâcher.

Puis j'ai découvert l'envers du décor, le monde des meufs, celui des embrouilles et tout. Une autre claque dans ma gueule, négative celle-là. Ascenseur émotionnel quoi. Une cission plus tard, des mois d'été à patiner dans la rue, j'étais regonflée à block. La rentrée revient, je repars plus motivée que jamais, parce que bordel de merde, j'vais pas m'arrêter de kiffer pour des embrouilles de meufs qui, en soi, me concernent même pas directement. Let's go apeshit again. Remontée à block donc, je suis repartie sur le track avec les copines, j'ai progressé, j'ai bootcampé, j'ai scrimmé, j'ai putain de kiffé ma putain de race. De Septembre à Novembre, grosse progression, j'me sentais bien dans mes patins, j'avais bouffé du lion. Puis en Décembre, grosse baisse de régime : fatigue, le corps qui commence à lâcher, le moral qui s'écroule, j'ai dû me calmer. Plus de progression. God Damn it, comme on dit. 

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Forcée au repos, j'ai beaucoup moins patiné en décembre, et pas patiné du tout pendant les vacances... Finalement ça m'a pas fait de mal de (re) voir autre chose, rien qu'en termes de moral... bref.

Ce mois de Janvier revient, et je sais pas. Y'a comme quelque chose de cassé. C'est comme si je pouvais pas tout faire : je refais des progrès à cheval et recommence à apprendre des trucs (chose qui n'était pas arrivée depuis plusieurs années), mais voilà, au derby, j'ai cette sensation de stagner. Mes hits continuent d'être inefficaces, y'a des trucs que j'arrive pas à passer depuis des mois, j'ai l'impression d'avoir perdu des réflexes que j'avais en Novembre, ma sensation d'être pas trop mauvaise pivot est partie, j'me sens juste nulle, nulle, nulle, et re-nulle et archi nulle. Depuis début janvier, j'ai fait 2 grosses chutes où j'ai entendu crack crack dans mon corps. Rien de cassé, j'devrai retourner chez l'osthéo, mais j'ai l'impression d'y aller tout le temps... Mais c'est comme si mon corps me disait "bon, maintenant t'arrête tes conneries". Comme si ça y est, j'étais arrivée à mes limites. T'as atteint le maximum que tu pouvais faire, allez tchao bye bye.

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Et le paradoxe est là : J'ai une partie de moi qui me dit "non mais c'est bon là, arrête de faire ta Caliméro de merde, bouge ton fion, la progression c'est pas une ligne droite, t'as assez fait de sport tout au long de ta vie pour le savoir". Je viens de gagner (chez les femmes) la compèt de ski du boulot, et j'me suis classée 10e sur 168 au classement général (incluant les mecs). Je suis putain de fière, même si la gagnante usuelle est tombée, ce qui enlève un peu de goût à ma victoire, mais bon. Il n'en reste pas moins qu'au classement général, j'ai pris entre 10 et 15 places par rapport aux autres années, preuve que j'ai quand même progressé. J'aurai jamais cru, moi qui à 14 ans avait atteint mes limites au ski (j'allais trop vite, personne me suivait à l'époque - j'étais un peu pétée du casque... et j'ai pris quelques grosses gamelles avec d'ailleurs.) Du coup, je m'étais mise au snowboard, en entretenant le ski un peu mais sans plus. Et là d'un coup, ptain, j'ai mon niveau d'il y a 10 ans (merci le derby) (10 ANS BORDEL JE SUIS VIEILLE et je dis 10 ans en arrondissant à la dizaine inférieure...). Bref. Comme quoi rien n'est impossible. Et pourtant.

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Et pourtant il y a l'autre partie de moi. Celle qui doute, qui baisse les bras, qui se dit "est-ce que tout ça vaut vraiment le coup". Et le pire, c'est que tout ça vient de moi-même, hein. Ma petite tête qui tourne parfois pas très rond, moi-même je sais pas tellement me l'expliquer. Et mes coéquipières n'ont rien à se reprocher. Tout vient de moi. Je veux avancer. Je suis pas de celles qui acceptent la défaite. Et là, ma défaite, bah, c'est moi-même. C'est mon corps, mon souffle, mon mental qui lâchent. Il faut dire que voilà, si je pouvais être d'un coup aussi forte que les meufs des Gotham, ça serait le top quoi. Mais bon, ça demande du boulot. C'est juste que j'ai l'impression que cet espèce de niveau que je me suis mise comme objectif à atteindre (qui est pas tellement défini finalement d'ailleurs hein mais bref), il me semble d'un coup inatteignable. J'ai l'impression que je suis condamnée à ne jamais faire de vrai match, à ne jamais être "forte" en derby. Que je suis condamnée à être moyenne. Bref, je réfléchis trop. C'est irrationnel, bien évidemment. Mais c'est mon ressenti. Et soyons honnête, ça fait quand même bien chier.

Mais même si j'ai une baisse de morale, je continue. Parce que je m'en voudrai encore plus d'avoir arrêté.

Et puis bon. Ca ira mieux demain. Ou dans une semaine. Ou dans un mois. Bref, ça va passer quoi. Et je fêterai mes un an de derby pleine de love et de licornes et d'arc en ciel. I'll go apeshit again.

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PS : Et désolée pour tout ça. C'est égoiste, et sûrement pas réaliste. Please don't hate me. J'avais besoin.