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14/06/2015

One of those days.

Le Roller Derby est un sport difficile et physique, mais on oublie parfois les enjeux mentaux de ce sport. Car ce n’est pas tout de donner des hits et de construire des stratégies: il y a une équipe en face. Qui en veut à peu près autant que la nôtre. Qui ont autant de stratégies que vous, et qui ont des joueuses qui hitent probablement au moins aussi dur que vous. Si les niveaux sontrelativement équivalent, ce qui fait la différence est en général le mental. Celles qui ne se laissent pas avoir par le stress, l’excitation, la colère, la frustration… Toute sorte d’émotions qu’on vit au jour le jour mais qui sont amplifiées fois mille sur le track avec l’adrénaline. Tu sais, celle qui fait que tu ne sens tes bleus qu’une fois le match terminé. On l’aime beaucoup l’adrénaline, mais des fois, tu te dis que merde elle ferait bien de fermer un peu sa gueule.

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Adrenaline, you can go to hell.

Tous les samedis chez les VRDL, nous avons scrimmage. Ca fait donc plusieurs fois que j’enchaîne avec plaisir 3h de scrimmage, 2h avec les Home Teams et une heure avec les Gold/Platinum. Ca doit faire environ 3 semaines que je fais ces scrimmages et que je me retrouves à jouer contre des joueuses d’un niveau autrement plus haut que ce que j’avais pu cotôyer jusque là. Et croyez-moi, ça fait la bite, si vous me permettez l’expression. Le niveau de jeu est incomparable. Depuis que je suis arrivée, je suis restée une joueuse polyvalente : jammeuse et bloqueuse, parce que c’est important de savoir faire les deux unminimum, que j’ai toujours été une jammeuse “de rechange”, bref j’avais un peu gardé les bonnes habitudes, même si jammer n’a jamais été ma grande passion. (sauf peut-être quand j’ai commencé et que je savais pas ce que ça pouvait signifier). Sauf que voilà, maintenant que le niveau est mille fois plus élevé, j’en chie à chaque minute de jeu. Je suis là pour ça, c’est le jeu ma pauvre Lucette, et je m’en plains pas. Sauf que. Mes émotions elles ne sont pas d’accord.

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C’est un sujet récurrent dans le derby, autant féminin que masculin, n’en déplaise à ces messieurs. Les émotions ne sont pas forcément les même mais elles sont là. (les mecs sont très forts en mauvaise foi et colère, les meufs ont plus tendance à se décourager - en général. Mais l’inverse existe aussi, bien évidemment.) Donc semaine dernière, pour une raison indépendante de ma volonté (aka personne ne voulait vraiment jammer), je me suis retrouvée à jammer contre des All Stars, aka Biceptual et Bianca Scarrietta entre autre. Je crois que les termes “moment de solitude” et “frustration” sont bien en dessous de la réalité de ce que j’ai pu vivre. Déjà, ces meufs sont impassables, même à deux, en tout cas à mon petit niveau. Mais comme je me laisse pas faire et que je continue, ma persévérance n’a même pas payé : j’ai fait des fautes à chacun de mes jams. TOUS. Sans exception ou presque. Quasiment à chaque fois c’était un cutting. Une horreur. La force intellectuelle que tu dois avoir dans ce genre de cas est folle, car tu te dois de ne jamais baisser les bras, pour ton équipe. Même si ce n’était qu’un entraînement, ça te met en situation de difficulté qu’un jour ou l’autre tu rencontreras lors d’un vrai match. Je suis naturellement une battante et je ne baisse jamais les bras. Par contre, c’est un combat psychologique de haut vol contre moi-même : quand je ne passe pas, je m’en veux. Ca m’énerve de ne pas être assez forte, assez agile assez je ne sais pas quoi qui fait que je peux passer. C’est pour cette exacte raison que je ne veux pas trop jammer et que je préfère bloquer : je suis moins mise face à mon pire ennemi, c’est-à-dre moi-même. Quelque soit notre niveau, j’imagine que c’est une situation dans laquelle on se retrouve toutes un jour: avoir cette petite voix en soi qui te dit “mais tu es trop nulle, tu n’y arriveras jamais”, “est-ce que vraiment tout ça en vaut la peine?”, “Mais que fous-je ici?”... etc etc. Que ce soit en bloqueuse, en jammeuse, en coach, en ref… Ce moment où tu es mise face à tes lacunes, face à tes difficultés, face à tes limites - et donc face à toi-même, finalement. Tout sport amène ce genre de limites, je l’ai déjà croisé en natation, en équitation, au Crossfit aussi… Au derby, ça ne m’était pas arrivé depuis très très longtemps - ou en tout cas pas à ce niveau.

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Je suis donc ressortie de là complètement découragée et en colère contre moi-même, et je me suis promise de ne plus jamais jammer (ou au moins pendant quelques mois) et de me concentrer sur mon rôle de bloqueuse, qui nécessite énormément de travail aussi, et qui reste de toute façon ma priorité. Je me retrouve régulièrement à ne pas trop savoir où me placer, faire des assist’ un peu aléatoires parce que je ne sais pas où viser, mes bloquages en arrières sont foireux, j’ai du mal à rester en place quand la jammeuse arrive pleine balle sur moi, j’ai du mal à anticiper les assist, etc etc. Car oui, quand tu joues dans une team de ce niveau, tu comprends plus que jamais que chacun de tes mouvements compte : ton positionnement sur le track, comment tu recycles, où tu recycles, comment tu te places en départ de jam, comment tu bloques, etc etc. Une quantité folle d’informations à ingurgiter qui font que mon cerveau fume à chaque situation de jeu.

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Hier, j’étais donc bien décidée à me concentrer sur mon jeu de bloqueuse. Ca commence mal, je suis complètement perdue sur le track, et j’en viens même à gêner mes propres coéquipières. Une horreur. Mais je ne lâche pas, en me disant que je suis juste pas assez réveillée et que ça va venir en jouant. Sauf que ça ne vient pas vraiment. Je reste le maillon faible de l’équipe, les assist sont faits une fois sur deux sur moi, les jammeuses me visent moi parce que je n’encaisse pas assez les hits et je laisse donc des petits trous suffisant pour qu’elles passent, bref, le calvaire. Et je me démène pour m’améliorer, et j’insiste, et je n’y arrive pas. Une espèce de cercle de l’enfer où mon impuissance est évidente. A la fin du premier scrimmage, Screw Barrymore trop gentille me donne quelques conseils et me montre 2-3 tricks à bosser. Je me dis que ça sera mon challenge pour le 2e scrimmage. Sauf que encore une fois, je n’arrive à rien mettre en place. RIEN. Pas une seule fois. Et vient le moment où tout le monde a déjà jammé une fois et où tout le monde étant plutôt crevé, il faut donc que j’aille jammer. J’y vais le couteau entre les dents en me disant “allez, tu peux le faire”. Puis je vois que dans le mur en face il y a Biceptual et Bianca. La boule dans le ventre commence à monter, mais je me dis “Aller, tu peux le faire. Au pire tu passes l’étoile”. J’enclenche le mode Survivor, et le jam commence. Je me bats je hits je pousse, je fais tout ce que je peux, tout ce qu’on m’a appris, mais ça ne passe pas. Et j’ai l’impression que ça dure des heures. Et je me fais sortir et recycler, et je tombe, et je m’énerve, et je lâche un énorme “PUTAIN” quand je me fais dégager violemment par Biceptual. Pas que je lui en veuille (et je regrette d’avoir gueulé comme ça, honnêtement, c’est pas acceptable), c’est le jeu ma pauvre lucette, mais c’est juste que bordel J’Y ARRIVE PAS.

 

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Quand je pars jammer...

Et puis d’un coup je vois la pivot placée parfaitement pour un passage d’étoile, parfait, je lui tends le couvre-casque, et pile à ce moment, je me fais sortir. Ca dure 2 secondes, je sens ma roue passer la ligne, quasiment au moment où je passe l’étoile, “twit”, illegal procedure, allez hop, prison. Et là, toute la frustration et la colère remontent d’un coup. Les larmes montent, je contrôle plus rien, ma respiration se coupe, je peux plus respirer, et me voilà en complète crise de panique sur ma chaise en prison avec une respiration sifflante vu que ma gorge est complètement serrée.

 

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Niveau discrétion, on repassera. La bench Dayna Might vient me demander si ça va, si j’ai besoin de ventoline, etc. Même pas meuf, je suis juste une vieille merde là tout de suite. J’essaie de me calmer comme je peux, la fin de la pénalité arrive, je repars, et hop je me fais redégager, heureusement la fin de jam est sifflée. Je retourne sur mon banc dépitée et en pleurs. Mes coéquipières me demandent si ça va, je réponds vaguement, concentrée à contrôler cette espèce de vomi d’émotions qui est remonté d’un seul coup de je sais pas où. Je m’aligne sur le prochain jam mais Tui gentille me conseille de me reposer encore un jam. Je finis le scrimmage comme je peux, je me calme doucement et je ne jamme plus au moins pour ce scrimmage là. Tout le monde a un mot gentil pour moi, essaie de me réconforter, et je me sens nulle d’avoir fait ma drama queen comme ça. J’ai rejammé au scrimmage Gold Plats histoire de ne pas rester sur une mauvaise impression (un peu comme quand tu tombes de cheval, il faut tout de suite remonter en selle), et ça s’est bien passé. Le scrimmage Gold/Plats m’a permise de me rassurer et de ne pas rester sur une impression négative.

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Hier était un de ces jours où ça ne va juste pas. “One of those days”. Mais en général c’est quand on touche le fond qu’on arrive à remonter, j’espère qu’hier c’était le fond. Quoiqu’il en soit, je ne lâche pas pour autant. Je vais effectivement plus me concentrer sur mes bloquages mais je reste persuadée qu’il faut jammer de temps à autre, je le ferai donc… Mais moins qu’avant. Il faut que j’arrive à trouver une certaine “sérénité” de jeu. Quand tu joues avec les All Stars, tu te rends compte qu’elles sont toujours calmes dans leurs gestes, dans leur jeu, et ça change tout. L ‘enjeu psychologique passe principalement par là : garder son calme en toute circonstance, même si on n’y arrive pas. Les émotions ne nous font faire que des erreurs, des fautes, et nuisent à la qualité du jeu. Et puis aussi, les émotions sont transmissibles: si une joueuse s’énerve, en général ça se transmets aux autres… Et c’est l’équipe entière qui en pâtit.

 

Moral de l'histoire malgré tout: ne pas baisser les bras et que craquer, ça arrive. Mais faut pas que ça arrive trop souvent quand même.

Bref, encore autre chose à bosser et à rajouter à la liste longue comme mon bras d’objectifs de jeu.

 

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27/05/2015

Platinum & Home Team Game

[Après avoir rédigé un super long post, ça a planté n voulant intégrer des images, je dois donc tout retaper... JOIE.]

Je vous parlais dans mes précédents postes des différentes Home Team, que j'étais pour le moment en Gold, tout ça tout ça. Bon, bah tout ça vient de changer. Il y a deux semaines, nous avons eu un scrimmage, et j'ai été officiellement validée pour passer au niveau Platinum! Pour vous remettre dans le contexte: ici, pour passer du niveau Gold au niveau Platinum, il faut que 3 coachs te valident en scrimmage. Le but étant d'être sûr que tu as le niveau pour passer au dessus et que tu vas pas te faire défoncer la gueule par les All Stars (logique). Et comme il y a deux semaines on a eu pleins de coachs qui sont venues nous voir au scrimmage, j'ai pu avoir la validation de 3 coachs! J'étais TROP contente. Ensuite, quand tu es en platinum normalement tu joues aux matchs avec les Home Team. Comme il y avait un match ce week-end, je me suis dit si proche d'un match on va pas me faire jouer, et puis bon tant mieux finalement. ET BAH SI. Mardi j'ai eu un message me proposant de jouer!

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Dimanche, j'ai donc eu la chance de pouvoir jouer mon premier match au sein des VRDL! J'ai joué sous les couleurs des Dolls Of Hazzard (Jaune et Noir... Ca me rappelle quelque chose... ;) ) Je jouais donc avec Tui Lyon, Double D-Viant, Tambamlaslam, Mary Fagdelene, Smashing Pop, Ivy K'nivey... Bref, que des joueuses de folie. Je peux vous dire que je n'en menais pas large: en plus de jouer avec des joueuses de dingo, l'annonce de mon passage en platinum a été fait après les entraînements des équipes, je n'ai donc pas eu l'occasion de m'entraîner avec l'équipe.

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Mon objectif était donc très basique : ne pas être un boulet pour mon équipe. Je déteste servir à rien sur un track, et j'étais déterminée à ce que ça n'arrive pas cette fois. Du coup, mon plan était: ne reste jamais seule sur le track, reste toujours avec une coéquipière, recycle au maximum, et fait des assist autant que tu peux. Et manifestement j'ai pas été trop pourrie, parce que et apparemment ça s'est pas vu que c'était mon premier match en Home team, et tout le monde m'a félicitée pour mon premier match! J'ai réussi à faire un assist mémorable super efficace, et j'ai aussi eu droit à un star pass (mais heureusement la fin du jam est arrivée du coup je n'ai pas vraiment jammé... Ouf!) et j'ai même eu droit à un hug de félicitations de Tui (OUI - elle est super cool, au passage. Super patiente et pleines de super conseils! Comme un peu toutes les joueuses de l'équipe des Dolls en fait)

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Bon ce qui ne veut pas dire que je n'ai pas mille trucs à apprendre et une chaine de montagnes à grimper avant d'arriver au niveau des Queen Bees, et carrément passer sur une autre planète pour être au niveau des All Stars... D'ailleurs, je n'ai joué qu'un jam sur 2 systématiquement et je n'ai pas jammé du tout alors que nous n'étions que 9 à jouer. Mais ça me va TRES BIEN. C'est tellement une chance de jouer avec de telles joueuses! (ça et le fait que ne pas jammer m'arrange plutôt bien) Et puis j'avoue que je lorgnais un peu sur cette Home Team depuis le début donc j'étais encore plus contente ^^

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Moi après le match...

Et comme je suis une dingo, j'ai enchaîné avec deux entraînements hier et avant-hier! Avant-hier c'était l'entraînement Gold et Platinum, le même que celui que je faisais en tant que Gold donc ça va. Par contre celui d'hier, c'était un entraînement de deux fois 1h30 : un entraînement platinum (tout niveau confondus des Platinum Apprentice comme moi aux All Stars...) et un entraînement Home Team. J'ai donc eu la chance de m'entraîner avec des joueuses comme Swish Cariboom, Smashing Pop, etc en plus de mes copines Platinum. C'est assez dingue. (A un moment la "groupie attitude" va me passer hein, mais bon, c'est pas encore ça...)

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Quand je vois toutes les supers joueuses de ouf à l'entraînement...

Quand tu es Platinum Apprentice comme moi (c'est-à-dire que tu n'es pas encore officiellement dans une Home Team), tu dois t'entraîner avec toutes les Home Team au moins une fois. Ensuite, les coachs et les teams décident quelle team tu rejoins, selon ce qu'elles ont besoin (jammeuse, bloqueuse, pivot, etc...) et aussi selon le niveau d'entente avec les coéquipières, évidemment. Deux équipes s'entraînent en même temps à chaque fois, et chaque équipe s'entraîne environ une semaine sur deux. Du coup je suis donc restée au 2e entraînement, et hier soir c"était un entraînement Dead Ring Rosies et Dolls Of Hazzard... Et j'ai fini par m'entraîner avec les Dolls Of Hazzard! Le destin je vous dis... ;)

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Tu vois ce que je veux dire...

Conclusion de ce match et de ces entraînements: 1/ J'ai mal. 2/ J'aime ça. 3/ J'ai sacrément du boulot! Le niveau est très très haut, et je me suis sentie pas mal larguée: tout va super vite, et je dois constamment être ultra concentrée pour suivre. Je l'avais déjà remarqué au match, et ça s'est confirmé là: la fatigue n'est pas seulement physique, elle est aussi mentale. Car tu dois garder ta concentration tout le long. Quand le niveau de jeu est au niveau du tien ou en dessous, c'est relativement facile. Par contre, quand le niveau de jeu est au dessus du tien, c'est une autre paire de manches! Ne pas être perdue dans le jeu, penser constamment à recycler, suivre la jammeuse, apprendre de nouvelles stratégies... Tout ça est super difficile à suivre! Quand tu t'entraînes avec des joueuses d'un tel niveau, elles connaissent déjà tout, alors que moi je découvre tout! C'est kiffant, mais comme je déteste être un boulet pour les autres, c'est aussi parfois frustrant. L'entraînement est fait pour tout le monde, et quand tu es moins bonne que les autres, bah elles s'occupent plus de toi au lieu de s'entraîner elles... Et parfois tu sens que ça les soûle, et tu les comprends, et ça te soûle aussi, et... Bref. Frustrant quoi.

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Quand tu réalises que tu sers à rien sur le track

Je me suis donc mis des objectifs et me suis fait une liste de trucs à bosser pour arriver à suivre: travailler mon agilité (je suis tellement LENTE), faire des blocks plus efficaces, faire des assist avec un meilleur timing, savoir mieux se placer dans un pack, etc etc. Et je parle de ça en tant que bloqueuse hein, parce qu'en tant que jammeuse comment dire... En entraînement tout le monde jamme chacun son tour et t'as pas le choix... Du coup j'ai jammé face aux All Stars et Queen Bees... Bon bin clairement je suis complètement hors sujet à la rue complet. En tant que bloqueuse par contre c'est moins pire (même si je suis nulle quand même hein, toutes proportions gardées). Mais bon clairement, si je veux arriver à pas trop être un boulet, y'a du boulot! QUand tu vois le niveau des joueuses Queen Bees et All Stars, tu réqlises à quel point t'as du boulot, et à quel point les meufs sont pas arrivées là par hasard sur un coup de baguette magique...

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Quand je vois ma liste d'objectifs à atteindre...

C'est important de se donner des objectifs. Car se dire juste "dans un an je suis une Queen Bee" ne suffit pas. Il faut se donner les moyens et surtout se donner des petits objectifs pour avancer pas à pas. Quand tu vois le niveau des meilleures joueuses d'ici, tu comprends qu'elles ne l'ont pas atteint en se tournant les pouces! Elles ont une vitesse de patinage de dingue, des réflexes parfaits, ça reflète des heures et des heures d'apprentissage... C'est donc que le début pour moi! Et aussi, je vais demander des retours des coachs régulièrement. Chaque coach a sa vision des choses, donc chaque coach a un conseil différent : je vais essayer d'en profiter au maximum. Petit conseil à celles et ceux qui me lisent (vous êtes au moins... Pfouh, TOUT CA QUOI): allez un peu voir ailleurs de temps en temps, faites des bootcamps, etc... Car un coach peut vous expliquer un truc d'une façon et vous n'y arrivez pasvraiment. Puis d'un coup quelqu'un d'autre vous l'explique d'une autre façon, et BOOM, révélation! Genre mercredi y'a une semaine je suis allée avec 2-3 autres VRDL Chez les West Side Derby Dollz (petite éuqipe locale) qui organisaient un entraînement avec Scratcher des Rose City. Bah il m'est arrivé exactement ça: sur plusieurs exercices, sa façon d'expliquer les choses a complètement modifié mon appréhension des choses et j'ai beaucoup mieux réussi certains mouvements!

Bref, la route est encore longue, mais quel kiff!

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07/05/2015

Tout est dans les détails.

Pour une fois, je ne vais pas vous raconter ma vie (enfin, pas vraiment), je vais plutôt parler technique.

Une chose importante qu'on a parfois tendance à oublier, c'est que pour bien jouer au derby, il ya deux choses à bosser en tant que joueuse ET en tant qu'équipe: l'agilité sur ses patins, et les stratégies. (on inclut dans "stratégie" l'unité d'équipe, tout ça tout ça, hein.) Souvent, les joueuses ont tendance à compter sur l'un ou sur l'autre. Mais vient toujours un moment où si tu veux passer à un niveau supérieur, juste jouer ne suffit plus pour améliorer son patinage, et savoir bien patiner ne suffit pas pour savoir bien jouer.

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Normalement évident, mais certain(e)s l'oublient vite...

Ca faisait bien longtemps que je me disais qu'il fallait que je travaille mon agilité, mais le problème était que ce n'était pas la priorité des entraînements ou en tout cas pour mon niveau d'agilité à moi. J'imagine que les Fresh Meats auront un tout autre discours... :) Bref, et comme je faisais 3 milliards de trucs à côté, je ne trouvais pas le temps de bosser toute seule la chose à côté.

Mais voilà, me voilà arrivée dans une équipe avec un niveau mille fois plus élevé que ce dont à quoi j'étais habitué. Et nombre d'exercices requièrent une agilité dont je manque beaucoup. Des trucs tout bêtes: savoir faire un toe stop des deux côtés, mieux utiliser les "carres" de ses patins (un peu comme au ski - appelés les edges en anglais), etc etc... Des trucs qui étaient sur ma liste de trucs à bosser, mais qui d'un coup sont devenus indispensables et donc un manque évident.

 

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Et aussi, parfois, certains mouvements qu'on fait depuis des lustres et qu'on pense maîtriser, s'avèrent être encore améliorables, parfois très largement lorsque l'on s'en rend compte. Pour vous donner un exemple simple: les crossovers. Hier soir, lors de l'entraînement d'endurance/agilité, nous avons bossé les CrossOvers avec Tambamlaslam (Queen Bee). Tu sais, ceux qu'on sait faire (en théorie) depuis qu'on a ses MS, soit depuis 2 ans pile pour moi, qui fait maintenant largement mes 27 tours en 5 minutes. Bah hier, je les ai redécouverts. J'ai découvert que je pouvais encore les améliorer, que je ne poussais pas assez sur un de mes deux pieds. Alors attention hein, je n'ai jamais dit que mes cross overs étaient parfaits, simplement que je ne les pensais pas assez mauvais pour nécessiter un vrai boulot dessus pour améliorer mon jeu, parce que tellement d'autres choses nécessitaient un boulot plus urgent et passaient en priorité avant mes crossovers. J'avais tort, car grâce au travail d'hier, je vais aller encore plus vite en tant que jammeuse.

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Comment je vais me sentir la prochaine fois que je jamme :)

Et d'ailleurs, soyons claires: l'agilité n'est pas réservé à la jammeuse. Loin, très loin de là. Car si une jammeuse est agile, pour pouvoir la bloquer correctement, les bloqueuses doivent pouvoir la suivre. Si les équipes telles que Gotham, Rose City, BAD, VRDL sont aussi fortes, c'est parce que leur défense est parfaite. Non seulement en termes de coordination, mais aussi parce que les bloqueuses sont aussi agiles que les jammeuses. Tout simplement. Je l'avais déjà remarqué lors du Super Brawl à Nantes lorsque j'ai pu admirer les différentes équipes nationales, ça se confirme maintenant.

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Quand on regarde les supers équipes trop fortes de ouf en essayant de tout comprendre et retenir...

Donc pour améliorer son jeu de bloqueuse, n'en déplaise à certaines, le travail d'agilité est indispensable. (un très bon article sur le pourquoi on doit bosser tous les postes, quoiqu'il arrive) Ce qui signifie parfois des exercices relativement répétitifs et chiants, c'est-à-dire avec des plots, des cerceaux au sol, etc etc. Mais ça paie. La preuve, hier l'entraînement à proprement parlé n'était pas forcément des plus original: du fractionné, et de la technique. Des tours et des tours de crossovers. Mais c'est indispensable pour bosser sur ce petit détail qui ne passe pas. En un seul entraînement de 1h30 d'agilité, j'ai non seulement amélioré mes crossovers "classiques", mais j'ai aussi amélioré mes cross overs dans le sens anti-derby, et j'ai appris à faire mes crossovers en arrière dans le sens anti-derby. Ou, en quelque sorte, le crossover que tu bosses le moins naturellement, mais qui s'avère indispensable parfois quand il en vient à bloquer en arrière une jammeuse déjà bien lancée.

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Mindblowing.

Ensuite, dans les stratégies. On connaît toutes les stratégies dites "classiques", comme les ponts, etc. Mais pour un fonctionnement optimal, comme je l'ai déjà dit dans des articles précédents, le tout n'est pas de connaître la stratégie, mais de la maîtriser parfaitement. Les meilleures équipes n'ont pas forcément les stratégies les plus compliquées qui soient. Par contre, elles les maîtrisent au millimètre près. Ce qui signifie, encore une fois, le bosser encore et encore et encore et encore. La précision au millimètre près, la coordination à la milliseconde, tout n'est que détail et précision. Exemple simple: hier à l'entraînement, on travaille sur nos murs, et nous arrivons à sortir la jammeuse. Je recycle, j'étais en extérieur, je retourne donc dans le mur à l'extérieur. Et feedback de Tam : j'aurai dû recycler à l'intérieur. Pour différentes raisons correspondant à la situation, notamment que la jammeuse était plus encline à repasser à l'intérieur qu'en extérieur. J'avais jamais réfléchi à l'endroit où je recycle. JAMAIS. L'idée ne m'avait même jamais effleurée. Je recyclais, je re-rentrais dans le mur comme je pouvais, et puis c'est tout. Ce commentaire sur mon jeu est clairement une ILLUMINATION pour moi. Un "détail" qui fait toute la différence, et que je compte bien travailler aux prochains entraînements. D'ailleurs, Roller Derby Junkies a fait un post sur la reformation des murs ds VRDL.

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Et pour confirmer ce besoin de travailler mon agilité, hier soir, j'ai réussi à "placer" des mouvements de jammeuses que j'aurai jamais imaginé réussir à faire il y a 6 mois. Je ne parle pas de saut d'apex, hein. Pour beaucoup de jammeuses ce mouvement est un "objectif". Honnêtement, ça n'en est pas un pour moi. Ce mouvement est certes beau mais il créé tellement de cuttings, à moins d'avoir un couloir je ne reste pas convaincue du truc, et je suis pas prête d'en rentrer un... Par contre. J'ai réussi à placer sans même y réfléchir un mouvement d'esquive que j'aurai jamais pensé placer il y a 6 mois, de même qu'un hit d'épaule efficace que je n'avais jamais réussi à placer. Comme quoi, même si je ne suis (et ne veux) pas être une jammeuse principale, je peux m'en sortir pas trop mal... Une fois que je me retrouve dans cette position de nana un peu vénère qui se dit "bon, fait chier, y'en a marre, maintenant faut que je passe", sans tomber dans l'hystérie totale vénère qui fait des fautes. (Oui, l'émotion non maitrisée est clairement un ennemi sur un track...)

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La fierté dans ma tête quand j'ai réussi à placer ma petite esquive

Le derby n'est pas simplement un sport de contact où on se tabasse, c'est un sport de détail et de précision. C'est ce qui fait que j'aime autant ce sport, d'ailleurs. Il contient tellement de facettes: l'intelligence des stratégies, l'agilité sur les patins, la coordination, l'esprit d'équipe, etc etc. Mais ce qui fait la différence entre les équipes dans le top 10 et les autres, ce sont avant tout les détails. Ne jamais l'oublier.

Enfin, quand il en vient à arriver à un niveau de compétition de haut à très haut niveau, au delà de la technique et tout, il faut s'occuper de son corps, et le chérir. Parce que quand on s'entraine entre 20 et 30 heures par semaine (je n'exagère pas, selon les semaines, les dead lines, etc, les All Stars s'entraînent jusqu'à 20 à 30 heures par semaine...) On rentre alors dans les sujets de nutrition, de préparation physique, etc etc. Mais je n'en suis pas (encore?) là.