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09/10/2016

Tasmanie et selections

J'avais commencé à écrire ce post y'a un mois et demi, et puis j'avais pas eu le temps de mettre des images, et puis le temps a filé... Enfin bon, du coup il est plus long avec plus de niouz. Youhou!

Fin Juillet les Notorious VICs, l’équipe C des VRDL dont je fais désormais partie, se sont déplacées en Tasmanie pour 3 matchs: l'équipe B de Sydney, les Snipers, Convict City (Hobart, Tasmanie) et Devil State (Launceston, Tasmanie). Nous arrivions classée 17e en Australie, Devil State classées 105e, Convict City 34e, et Sydney B 25e. On partait sans trop savoir à quoi s'attendre, comme toujours. On ne sait jamais trop à quoi s'attendre, étant une équipe ayant moins de 6 mois, avec un roster pas toujours constant, et qui se fait botter les fesses toutes les semaines par les Queen Bees en scrimmage...

On partait renforcées de 2 Queen Bees: Florence and The Machine (pas la même qu'en Belgique :D ) bloqueuse (de malade) dont c'était le dernier match avant sa retraite (c'est nul les gens qui prennent leur retraite), et Pi-Curious qui était jammeuse VICs au premier quarter. Ma binôme de pack, Naty, était quand à elle alignée jammeuse pour une fois. Elle jamme de temps en temps habituellement, cette fois elle était dans le roster fixe des jammeuses.

On savait que Launceston allait être le match le plus facile et on commençait par ça le samedi soir. Une sorte de bonne mise en jambe pour les deux autres matchs le jour suivant. Alors oui, on les a écrasées de genre 400 points. Mais c'est vraiment curieux comme jouer un match comme ça et le regarder ne donne pas du tout les mêmes sensations. Quand tu regardes un tel match, ça devint presque chiant et t'as l'impression que les meufs sur le tracks se baladent (enfin celles qui gagnent quoi..). Sur le track je l'ai pas ressenti comme ça. Sur le track ça se ressent plus comme la jammeuse ne pousse pas trop, ses jucks ne sont pas trop rapides, on peut la tenir. Ca se ressent comme une constante communication pour organiser le pack, pour mettre en place les stratégies, et la satisfaction que les stratégies marchent plutôt pas mal. Mais c'est aussi, en tant que joueuse expérimentée à haute rotation, comme un constant challenge de savoir où sont tes coéquipières, diriger celles qui ont moins d'expérience et moins de patin, de s'assurer que le pack joue ensemble, etc. Mais aussi, parfois, la satisfaction de sentir la jammeuse en face qui se fatigue, qui se décourage, qui appelle ses coéquipières à la rescousse pour être aidée, etc. Et à la fin une sensation de travail bien fait. Ca nous a permis de bien mettre notre jeu en place et de créer l'unité pour les deux matchs du lendemain.

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Le dimanche on jouait Sydney B puis Convict City. Sydney B ont un jeu très similaire aux VRDL et donc c'était à qui arriverait à mettre en place le meilleur jeu entre nous deux. Le matin une de nos jammeuses à haute rotation, Ace, avait dû déclarer forfait pour la journée parce qu'elle avait mangé un truc moisi la veille au soir. (coucou la coulante toute la nuit!). On partait avec une jammeuse en moins, donc on avait intérêt à ce que notre défense soit solide pour laisser nos jammeuses le temps de prendre le lead rapidement et pas trop se fatiguer. Les premiers jams étaient un peu équitables, ayant les mêmes stratégies d'envoyer des fat lines et ayant des jeux similaires. Mais on a rapidement réussi à mettre en place notre jeu. On était à 149-23 à la mi-temps, pour finir à 287-71 en fin de match.

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Et enfin Convict City. Elles ont un jeu qui tape fort, et quelques joueuses très fortes sur lesquelles elles comptent beaucoup. En particulier la numéro 4 Slam. Bons jucks et de la force, c'était vraiment compliqué de la tenir.  Mais plus les jams avancaient et mieux on la tenait. Il fallait vraiment qu'on soit ensemble, avec un brace solide (la joueuse qui soutient son wall). Heureusement nos jammeuses arrivaient à sortir en premier le plus souvent et on a donc fait des jams courts pour assurer les points. Pour moi, ça a été le match le plus difficile. J'ai fait 2 fautes sur chacun des 2 premiers matchs. Propre. Sur ce match, en 20 minutes de jeu j'étais déjà à 5. Leur jeu était agressif, j'ai poussé un peu les limites de mon jeu et ajouté à deux-trois hits dégueulasses pris, ça m'est monté à la tête. Du coup au bout de 20 minutes de jeu, j'ai été benché (s'ils ne l'avaient pas fait j'aurai demandé de toute façon). 10min de fin de première période + 15 minutes de mi-temps pour me remettre les idées en place et me calmer. J'ai essayé de pas trop regarder le jeu, j'ai pas trop parlé avec mes coéquipières pendant la mi-temps, et repartie en jouant très conservateur. J'ai tenu la deuxième mi-temps à zéro pénaalités jusqu'à 2minutes de la fin où j'me suis foirée et j'ai détruit un pack en voulant reformer mon pack un peu vite. M'enfin c'était pas bien grave. Grosse fierté d'avoir réussi à tenir mon jeu aussi propre en 2e mi-temps.

 

Depuis, on a aussi joué WARD (Western Australia) il y a deux semaines. J'ai joué avec les Queen Bees le vendredi soir contre elles, et on a gagné largement de 200 ou 300 points. J'étais prévue d'être benchée et de ne pas avoir de temps de jeu quasiment (j'étais prévenue du coup pas de soucis, c'est le jeu quand tu joues compétitif et que tu es une joueuse d'un niveau moins élevé), mais finalement j'ai eu quand même pas mal de temps de jeu et j'étais super contente, surtout que j'avais pas du tout à avoir honte de mon jeu. Mais leurs Offense étaient agressives et je sentais bien que le match du samedi (cette fois avec les VICs), allait être compliqué et challenging. Ca a pas raté, on a perdu de 100 points. Mais. On était benchées par Mick Swagger (excusez du peu...), et donc on a tenté tout au long du match d'adapter notre stratégie de jeu pour les mettre en difficulté, ce qu'on a réussi régulièrement malgré le score. On a vraiment réussi à sortir le meilleur jeu qu'on avait, elles étaient juste plus fortes que nous. En plus, notre équipe était nouvelle du quarter de fin Août du coup c'était encore pas évident de qui joue bien avec qui vu qu'on avait environ 5 ou 6 nouvelles joueuses (oui on a beaucoup de turn over chez les VRDL...). Du coup, l'équipe manquait un peu d'unité et ça s'est senti sur le track. Du point de vue personnel je suis super fière de moi. J'ai réussi à sortir des trucs dont je me pensais pas capable (ce moment où j'ai bloqué la jammeuse en backward sur 20feet comme le fait Biceptual, je vous jure je m'en remets toujours pas - quand j'aurai récupéré la vidéo je ferai un gif si c'est aussi beau que dans mes souvenirs...). Malgré le fait que c'était super physique (j'étais rouge comme une tomate tout le long, coup de bol ça se voit pas trop sur les photos), j'ai joué un jam sur deux voir plus. Super high rotation pour moi donc. A un moment j'ai eu 3 pénalités 3 jams de suite dans les premières 15 minutes, et je me suis dit "Oh meeerde encore une spirale de fautes, please petit cerveau détend-toi". Bah ça a suffit, j'ai eu qu'une seule faute ensuite sur tout le reste du match. Je m'auto-dompte doucement... 

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En parlant de sélections. J'espérais retourner dans les Queen Bees dans ce quarter vu ma progression et tout, mais non, elles ont choisi une petite nouvelle. Choix que je n'ai encore pas compris, mais enfin, on s'y fait. En attendant je continue à jouer avec les VICs, j'ai de plus en plus de temps de jeu, mon jeu mental s'améliore, bref, je fais mon petit bout de chemin et on espère que l'an prochain ça paiera. Déjà je joue quand même régulièrement avec les Bees en scrimmage maintenant, ce qui n'arrivait pas avant. Un pas en avant. J'ai eu des feedbacks tout récemment sur le fait que mon mental game a été ce qui m'a joué des tours en sélection mais que je me suis vraiment bien améliorée depuis (j'aurai aimé avoir ce feedback avant mais bon, vaut mieux tard que jamais hein). Comme maintenant ça va mieux... On me choisit. C'est curieux comme quand c'est au moment où tu lâches l'affaire que les choses finissent par arriver (ou pas - on verra l'an prochain... Y'a de gros projets dans les tuyaux autant pour les mecs que je bench que pour les Queen Bees...)

Comme récemment j'étais quand même pas mal frustrée du roller derby (je faisais constamment du yoyo mentalement, c'est fatigant), j'ai décidé de tenter de nouveaux trucs, du coup je me suis mise au hockey sur glace. Un rêve de gosse que je réalise enfin... Et puis c'est rigolo, ça peut ne faire qu'améliorer mon patin de toute façon, et puis comme ça ça me permet de me concentrer sur autre chose que le derby en cas de trop grosse frustration. Et en plus c'est marrant comme tout, un mélange de quad et de ski (avec une cross et un puck), je m'éclate bien. (juste ils devraient sérieusement considérer mettre des toe stops sur leurs patins, bourdel). Ca a joué en partie sur le fait que je m'éclate vachement plus maintenant au derby. J'ai décidé d'en prendre mon partie, pas de sélection tant pis, je prends ce que je peux, et advienne que pourra. Du coup je suis vachement plus positive en général, je dramatise globalement moins (bon j'ai encore mes moments hein...). Comme quoi il fallait peu de choses...

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Et si vraiment je m'en sors bien niveau patin à glace, Sandrine (Rangeon) qui a transféré chez VRDL et qui a été ma coloc' pendant 3 mois durant sa convalescence de cheville, me fait reluquer le Redbull Crashed Ice... J'ai toujours aimé la vitesse au ski, à voir si mon patin sera assez bon pour ça... Rdv dans 2 ans :D

 

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13/03/2014

Sexisme et Roller Derby

Je vais vous parler d'un sujet qui engage un peu plus mon avis personnel. Je réagis suite à cet article qui m'a donné envie de vomir. Ce "harcèlement de rue" que nous, les filles, avons appris à supporter tous les jours. Que nous subissons sans tellement dire grand chose, finalement. Car on le sait : on le cherche, on le mérite, de toute façon les filles ne sont là que pour pondre des chiards, c'est mère Nature qui nous a faites comme ça. Et le Roller Derby, c'est ce sport qui m'a permis à la fois de me réveiller, de refuser tout ça, et de m'affirmer. Je m'explique.

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J'ai été élevée dans une famille somme toutes normale. Classe moyenne, deux grands frères, parents fonctionnaire et cadre. Depuis toute petite, j'ai voulu suivre mes frères. Ils ont été mes exemples pendant très longtemps. Mon éducation a été faite de la même manière pour eux et pour moi, j'en remercie encore mes parents. Ma mère s'est beaucoup battue toute sa vie pour rappeler que malgré le fait qu'elle soit une femme, elle n'en est pas moins bien qu'un homme. Elle sait comment marche une voiture, est particulièrement indépendante, et n'a pas la langue dans sa poche. On ne m'a pas reléguée aux travaux ménagers sous prétexte que j'étais une nana, j'ai été élevée "comme un mec" (enfin c'est ce qu'on ma souvent dit, comme si il pouvait y avoir une éducation pour les filles et une éducation pour les garçons). Du coup, je ne fais pas la cuisine (ça me fait chier), je ne sais pas coudre (à part les boutons), faire le ménage m'agace au plus haut point, et je suis bordélique. Par contre, j'aime bien les voitures, j'ai fait des études scientifiques (que j'ai même plutôt bien réussies, dit donc), je travaille dans le bâtiment, au milieu de mecs.

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Pourtant, toute ma vie, et ça continue encore aujourd'hui, en tant que nana, j'ai eu droit à tellement de remarques, que j'ai souvent prises comme argent comptant, comme si c'était vrai. Le fait que quand tu es une nana et que tu parles un peu fort, parfois un peu vulgairement (oui, je l'admets), tu es donc classée dans la catégorie "Bonhomme", "fausse fille", voir même "lesbienne". Ah bon? Donc quoi, une fille doit forcément être douce, gentille, polie, ne rien dire, "bien élevée" et sourire? Une lesbienne doit forcément ressembler à un mec, ne peut pas porter des robes? .... Je fais aussi partie de ces gens qui ne fument pas et ne boivent pas. Pas par conviction, simplement par choix : je n'aime pas ça. Pourtant, j'ai eu le droit aux remarques du type "quoi? Tu bois pas, tu fumes pas? Mais tu fais quoi, tu baises?" ... Rendons-nous à l'évidence, un mec n'aurait jamais eu droit à ce genre de remarque.

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Ensuite. Dans mon travail, j'ai remarqué un truc : à mêmes études et mêmes compétences, quand tu es une fille, tu dois faire tes preuves. Quand tu es un homme, on part du principe que tu es compétent. il m'a fallu claquer le beignet à quelques-uns pour m'imposer, et je suis encore obligée de le faire régulièrement. J'ai été obligée de gueuler pour de vrai une fois (le genre de coup de gueule où tout l'étage t'entends), mais ça a permis d'imposer un peu de respect pour ceux qui me prenaient pour leur secrétaire ou leur stagiaire au lieu d'une ingénieur comme eux.

Je remarque aussi que jouer la fille un peu bête et stupide, que minauder, ça aide à obtenir des trucs. Ca passe mieux auprès de ces messieurs, on ne les atteint pas dans leur virilité. Parce que quand tu gueules, tu te mets en position de force, du coup on te dira que tu es une chieuse. Alors qu'un mec qui gueule, il est virile.

Et je ne parle même pas des blagues et/ou propos sexistes que j'entends (très) régulièrement. Comme l'autre jour où un mec m'a affirmé que en sport, si tu mets un mec face à une nana, c'est forcément le mec qui gagne. L'argument que la technique peut compter aussi au delà de la force physique n'a pas convaincu. Sans commentaire.

J'ai aussi arrêté de porter des jupes un peu trop courtes, des robes un peu trop moulantes. Les regards de gros dégueulasses me soûlent trop.

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Jusque là, j'avais presque culpabilisé d'être ce que je suis : indépendante, pas dans le "moule", grande gueule. Un ex avait même réussi à me reprocher d'être celle que je suis, en voulant me transformer en "vraie fille". Comme si une fille devait forcément être sexy, pas trop intelligente, se taire, etc. Le jour où j'ai eu l'impression d'être quelqu'un d'autre, je l'ai largué. Bon débarras. Mon copain actuel me respecte comme je suis, et je l'en remercie chaque jour.

Et depuis que je fais du derby, ma vie a changé. Je suis celle que je suis et je l'assume. J'ai aimé le derby aussi pour ça : tu n'as pas besoin de justifier de qui tu es. Les filles ne sont pas prises pour des petites choses fragiles qu'il faut protéger : on sait se démerder et se défendre toutes seules. J'assume maintenant complètement ma grande gueule (c'est même un atout sur le track). J'envoie plus facilement chier les gens quand ils me gonflent. Je me laisse encore moins faire.
Dans le métro, les "frotteurs" avant je leur disais pas grand chose. J'ai la chance qu'un regard vénère suffisait pour les dissuader (paraît que j'ai le regard expressif, ils doivent y voir leurs bollocks en bandoulière). Mais maintenant, je suis prête à me battre, et à les afficher devant tout le monde. Plus d'inquiétude, plus d'hésitation, plus de question à cause du "qu'en dira-t-on". Ce n'est pas moi qui suis en tort, bordel. C'est eux.
Quand je me sens pas en sécurité, je suis prête à retourner une droite au premier qui me cherche, et à me battre de toutes mes forces. Je n'accepte plus tout ce manque de respect fait aux femmes sous prétexte que nous sommes "le sexe faible". Que nous "cherchons" quand on se fait emmerder quand notre jupe est "trop courte". (je savais pas qu'il y avait une longueur minimum imposée, hein...). 

Je deviens de plus en plus intolérante face aux incivilités faites aux femmes. Tout ce sexisme latent que tout le monde trouve normal (genre le Stabilo pour les femmes, pour ne parler que des sujets les plus récents. Comme si les femmes avaient besoin d'un stylo spécial pour elles, comme si elles ne savaient pas gérer les choses faites pour les mecs. Tellement représentatif de la perception de la femme dans notre société.) Et le fait que j'accepte encore moins tout ça, je trouve ça bien, en fait. Parce que si un jour j'ai des gosses, j'aimerai qu'ils aient la même vie, fille ou garçon. Que je n'ai pas à dire à ma fille de faire attention quand elle rentre seule le soir, qu'elle ne soit pas prise pour une bouffonne sous prétexte que c'est une nana, etc.

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Mais le derby fait aussi que je me pose aussi plus de questions : mardi j'étais au concert de Steel Panther. Des nanas ont fini seins nus à se frotter de façon assez suggestive aux membres du groupe. Ma première pensée à propose de ces nanas est "mais putain, respecte-toi là". Mais maintenant, contrairement à avant, je me dis ensuite "Mouais, après tout, elles font ce qu'elles veulent". Parce qu'après tout, c'est pas parce qu'elles ont décidé de montrer leurs boobies que ce sont des "chaudasses" pour autant. 

Et finalement, je me dis quand même une chose : heureusement que le derby est là. Ce sport permet de faire avancer les choses, et là on a des montagnes à déplacer. Vu l'engouement pour le sport, j'espère bien que ça continuera comme ça. Les montagnes bougeront plus vite. Car les hommes qui font du derby font aussi parti de ces mecs qui, de par l'esprit véhiculé par ce sport, ont du respect pour les femmes. Car, heureusement, des mecs biens, il y en a aussi... (Même si certains prennent le derby pour un repère à vagins. Une minorité, heureusement.)

Ah et attention, révélation : les filles pètent, rotent, et font caca. Et même que ça pue. OUAIS.

21:10 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : roller derby, sexisme, roller, quad